TRANSAT MEDATLAN DE OCAMBO
DEPART DE TOULON
Grand soleil le 14 octobre, et beaucoup de supporters avec la presse locale ainsi que les caméramans de FR3 venus nous applaudir pour le départ d'une Odyssée de 10 mois à travers la Méditérranée et l'Atlantique. D'où le nom de code donné par notre amiral à cette expédition "MEDATLAN"
Un pavillon spécial nous a été attribué par le club pour chacun des 8 bateaux.
Aprés un petit déjeuner buffet fort sympathique dans les locaux du club, chacun regagne le nouveau quai flottant de Kronstatd pour la photo de groupe puis son bateau pour répondre à la presse.
Vers 10h, nous levons les voiles à quai, puis chacun quitte le quai à tour de rôle et prends le large à petite vitesse afin de rester groupé pour les films et l'ambiance. A bord de Ocambo nous mettons sur les hauts parleurs extérieurs la bande originale du film "découverte du nouveau monde".
Musique fort à propos pour l'émotion de tous et donner une impression d'aventure...
TRAVERSEE DE TOULON A CARTAGENA
Nous mettons toute la toile pour s'éloigner au plus vite des côtes varoises en direction des Baléares.
En effet, un gros coup de vent d'Est est annoncé pour la nuit prochaine sur la mer de Ligure et le Sud de Marseille. Plus on sera loin, moins on se fera secouer par les grosses vagues qui ne vont pas manquer de se lever avec le vent de 35 noeuds prévu.
Notre voilier file à plus de 7 noeuds avec 20 noeuds de vent arrière.
Remerciements à Jean Michel de PRONAUTIQUE qui est venus fixer une hélice à pales orientables afin de réduire la trainée dans le sillage du bateau et gagner prés de 1 noeud. Félicitations à J PROP pour l'efficacité de réduction de trainée. Trés vite nous allons prendre la tête de la flotille en gardant toute la voilure au portant afin de s'éloigner de la dépression.
Durant la nuit, le vent forcit à 30 noeuds et nous filons à plus de 8 noeuds sur une mer encore assez belle et facilement navigable. La vitesse apparente ressentie n'est que de 22 noeuds. Seul danger de ce choix. Ne pas se mettre en travers de la vague, en stoppant la vitesse du voilier. Les 30 noeuds de vent réel vont alors se faire sentir et coucher le bateau avec les filières dans l'eau.
La consigne donnée au timonier est donc de bien maintenir le cap. Le pilote automatique fonctionne trés bien et nous lui confiant ce travail car il barre mieux que nous à la lame.
Le 15 octobre, au petit matin nous sommes loin devant la dépression mais les vagues de celle-ci commencent à se faire ressentir par une longue houle d'Est dans l'arrière du bateau. Nous en profitons pour partir en surf avec toujours toute la toile en place.
Vers Midi nous envoyons notre première position (40°28 N et 03°30 E) par téléphone satellitaire au PC du club à Toulon.
Un code simple de désignation des coordonées géographiques et des condtions météorologiques locales à été établi afin de diminuer la longueur du message envoyé par SMS chaque jour à 12H GMT.
Durant la nuit du 15 au 16 octobre, je pense aller mouiller dans un port de Majorque pour éviter de se faire "branler" par la houle d'est quand le vent va tomber au coucher du soleil. Surprise, lorsque nous approchons de cette grande île juste avant que le soleil se couche la brise de terre se léve du Sud à 12 noeuds, elle nous permet de continuer à naviguer au prés sérré le long de la côte nord de Majorque à plus de 6 noeuds en gardant la tête de la flotille. Au petit matin, plus de vent, nous continuons au moteur vers Ibiza où la plupart des autres voiliers doivent s'arrêter quelques jours avant d'aller vers Gibraltar. Nous somme en communication radio avec Orion qui suit la même trajectoire à quelques heures de décalage. Ils viennent eux aussi vers Ibiza. A 17H nous prenons une petite bonite à la ligne de traîne. Aussitôt nettoyée elle sera cuisinée en arrivant pour le repas du soir.
Contactés par VHF, la capitainerie du premier port: Sainte Eulalie nous propose deux places pour un tarif convenable. Nous allons donc nous amarrer au quai d'accueil de la Marina où nous sommes reçu par un gardien qui nous indique un prix nettement supérieur à celui entendu à la VHF? Comme l'avant port est calme, nous convenons avec Orion de mouiller devant l'entrée de la Marina à l'abri de la jetée, à 16h30, ce qui nous laisse le temps de prendre une douche dans la jupe du bateau au soleil. Puis, juste avant la tombée de la nuit, Ti punch pour l'équipage et bonite cuisinée à la poelle avec oignons, sauce de soja et câpres...!
Aprés 40 heures de mer agitée ce premier repas au calme autour de la table du cockpit est trés bien venu et le sourire est sur tous les visages.
Orion vient nous rejoindre 4 heures plus tard pour se mouiller juste à côté.
Nous lui proposons du poisson, mais ils ont déjà mangé en naviguant...
Le 17 octobre à 10 h nous levons l'ancre pour aller faire quelques courses à Ibiza et visiter la ville.
Nous arrivons vers 11H au port suivant et nous allons amarrer Ocambo à côté de Philéas amarré depuis la veille au soir.
Nous quittons Ibiza vers 14h30 sous spinaker pour reprendre la route vers Gibraltar avec escale technique possible à Cartagena situé sur la route.
Des dauphins viennent nous rendre visite pour surfer sur notre vague d'étrave.
Aussitôt, les 3 équipiers se précipitent à l'avant savourer ce spectacle....

A 16H nous passons au large à l'est de Formentera, en essayant de prendre contact avec Bellatrix et Petit Mousse au mouillage sur cette île.
A la tombée de la nuit vers 19H nous entrons en contact VHF avec Orion qui nous suit avec escale prévue à Cartagena.
Durant la nuit le vent tombe et devons continuer au moteur.
Vers 3h du matin un bruit insolite dans l'alternateur m'oblige à arrêter le moteur et à faire un échange d'alternateur avec celui de secours vérifié avant de partir de Toulon chez un fournisseur
Surprise au redémarrage, cet alternateur ne fournit pas d'électricité ?
Nous allons mettre en route le groupe Honda pour achever d'arriver à Cartagena avec le frigo en route. Nous attrapons 2 dorades choryphènes à la ligne de traîne avant d'arriver dans la rade
La technique de remontée du fil de façon continue est expliquée et la découpe des filets de poisson également.
Chacun des équipiers pourra remonter son poisson et le découper à tour de rôle....
Dés notre arrivée à quai vers 19H30, au Royalk Yacht Club de Cartagena, nous cuisinons les dorades sur le pont avec la plaque à induction ce qui évite les odeurs de poisson frit dans la cabine et nous permet d'apprécier cet amarrage ou viendra nous rejoindre Orion plus tard dans la nuit.
Au petit matin le 18 octobre, je redémonte cet alternateur sans trouver la panne.
Un des équipiers J... fait appel à des électriciens rencontrés sur les pontons, pour nous aider.
L'un d'entre eux est donc monté sur le pont du bateau sans y être invité ni autorisation. Entretemps Michel, de Orion, est venu et trouve la panne. Ce qui n'empêche pas le faux électricien de nous conseiller de démonter le villebrequin afin d'enlever la courroie de l'alternateur.....?
Michel en rigole en disant que s'il était arrivé quelques minutes plus tard on aurait trouvé le moteur entièrement démonté dans la cabine du voilier.....!
Panne difficile à détecter parce que la rondelle isolante manquante sur la borne B+ était restée collée sur l'autre alternateur et celui-ci n'en avait pas sous l'écrou de serrage.
L'alternateur à du soufrir ainsi que les batteries qu'il faudra probablement changer sous peu.
Pour l'instant il fonctionne....
Et j'invite Michel avec force remerciements.
En discutant autour d'un pot il nous apprends son intention de s'inscrire prochainement à la mini transat... Il s'entraîne donc avec Orion en le faisant marcher au plus vite.
Durant le reste de la journée visite de la ville et quelques courses d'appoint.
Quelques vestiges du passage des Carthaginois arrivés dans ce port avec des éléphants pour envahir l'Europe jusqu'à Rome, restent visibles,. Un théâtre romain est ouvert au public.
DE CARTAGENA A CADIX
Depart le 20 octobre a 10h30 du Royal Yacht Club de Cartagena
Sous grand voile, à 1 ris et 2/3 de genois, nous partons au 230 en direction de Gibraltar.
Nous consultons l'annuaire des marées afin d'éviter les forts courants de ce détroit toujours trés encombré de cargos et autres navires.
Le vent faiblit a l'approche du Cabo de Gata
Nous pouvons déplorer les immenses champs de plastique pres de Murcia. "El mar de plastico" qui desole également les espagnols est une methode de culture sous serre ou les legumes ne voient pas le soleil. Les tomates cultivées ainsi n'ont aucun gout.....
Vers 20h nous apercevons un violent orage vers l'Ouest et Gibraltar.
Les autres voiliers du rallye se réfugient dans les petits ports de pêche espagnols de cette péninsule ibérique sud. Nous continuons toute la nuit avec un vent de travers favorable vers le détroit..
En pleine nuit, nous zigzaguons entre les dizaines de cargos mouillés par 100 m de fond au large de Gibraltar. Vu de loin cette flotte à l'arrêt est impressionnante.
Plus nous avançons vers Gibraltar et plus la nuit devient noire alors que le jour devrait se lever ...
En fait, nous entrons le 22 octobre dans le golfe de Gibraltar en compagnie d'un violent orage accompagné de pluie diluvienne. Les éclairs flashent le rocher toutes les minutes et le tonnerre gronde donnant au spectacle une touche trés wagnérienne.
Nous ne voyons pas d'entrée à la première marina trés cachée dans la première partie du port, et située à l'opposé de l'entrée dessinée sur le GPS ?
Notre GPS indique la station de carburant, un peu plus loin prés d'une autre marina.
Nous allons faire le plein de fuel à la station en attendant la fin de l'orage.
Entre temps, Orion est entré dans la première marina et nous précise qu'il reste une place pour nous.
On se dirige donc vers celle-ci lorsque NAMASTE arrive à son tour et prends la dernière place restante. Tan pis nous retournons à Marina Bay pour nous amarrer au ponton d'accueil, puis sur le quai prés de l'entrée.
Pendans que les équipiers partent à la découverte de cette ville anglaise, je vais en vélo à la recherche d'un cyber café pour consulter la météo. Un avis de fortes dépressions arrivant sur l'Andalousie est précisé par notre routeur. En fait deux grosses dépressions sont attendues la première dés demain et la suivante dans 4 jours. Entre les deux, le vent de nord sera contraire à la route prévue vers Cadix. Orion décide donc de repartir immédiatement et nous décidons de le suivre tant que la mer et l'Océan ne sont pas trop agités et que le vent est favorable. Nous payons moitié prix pour ces 10h de mise à quai et nous quittons Marina Bay à 18h dans un soleil couchant magnifique.
Nous franchissons la pointe de Tarifa partiellement au moteur et à la voile pour passer en Atlantique avant le courant de marée contraire.
A minuit, par vent de terre au largue nous passons devant Trafalgar, non sans une pointe d'amertume pour la défaite de notre flotte devant cette cote.Le 23 octobre à 6h du matin nous entrons de nuit dans le golfe de Cadix.
Un cargo sort du port de Cadix en suivant le chenal balisé au moment où nous allons le traverser ce qui va nous contraindre à faire un 360 ° pour le laisser manoeuvrer.
Nous traversons la baie au moteur et nous dirigons grace au GPS dans l'entrée de la rivière qui remonte à Puerto Santa Maria d'où sont partes les caravelles de Christophe Colomb.
On remonte la rivière au moteur de nuit en suivant attentivement la profondeur avec le sondeur.
Le jour pointe à l'horizon lorsque nous arrivons devant les pannes du club nautique où nos places sont réservées pour une semaine. Un trés bonne place apparait devant Babur amor déjà amarré a un quai. Nous manoeuvrons pour arriver bout au vent tribord à quai à l'arrière de Babur Amor, où nous allons rester plus d'une semaine.
Réparation pour certains tourisme et visite des villes historisques pour d'autres...
Jean Claude un français débrouillard est à l'écoute de nos besoin et nous indique les solutions.
Son fils nous accompagne chez les voiliers et shipchandlers faire des achats.
Je trouve des poulies plat pont de Barton introuvables à Toulon pour passer les bosses de réglage du chariot de barre d'écoute de grand voile sous la nouvelle capote de descente. Il faudra démonter le vaigrage du carré pour les fixer par l'intérieur sur le pont.
Ce n'est que au bout de 6 jours que je trouve un réparateur d'alternateur sur ce port afin de faire un échange standard avec celui qui a grillé les diodes aprés l'erreur de montage de la borne B+ sans rondelle isolante. J'aurais donc consacré toute l'escale à entretenir le bateau.
Une autre escale s'impose pour apprécier l'Andalousie sans les soucis de réparation du voilier.
La veille du départ, Jean Claude nous organise un déjeuner sur la terrasse avec le traiteur du club...
Nous l'invitons ainsi que sa famille afin de le remercier pour son aide permanente....
Repas de tapas sans saveur ni goût qui n'a rien de spécifique à la splendide région où nous avons fait escale durant plus d'une semaine..
DE CADIX A LA PALMA
Une forte dépression avec des vents d'ouest de plus de 25 noeuds est annoncée dans les jours qui viennent sur le parcours vers les Canaries...
Nous décidons, ainsi que 6 autres voiliers, de partir un jour plus tôt afin de prendre de l'avance sur le mauvais temps.
Le 29 octobre à 17h30 nous repassons la rivière à marée haute dans le sens de la sortie telle que l'avait fait Christophe Colomb quelques centaines d'années plus tôt. Sous grand voile et génois entier au grand largue nous traversons le golfe de Cadix
Vers 18h30, c'est au bon plein que l'on franchit la balise ouest du phare d'atterissage.
Le 30 octobre à minuit (jour de changement d'heure) nous dépassons Orion parti quelques heures avant nous.L'aérogénérateur fonctionne trés bien et fournit plus de 6 ampères indispensables pour laisser tourner le frigo plein de vivres frais durant la nuit.
Nous choisissons comme Orion de faire cap vers le large (suivant les conseils du routeur) afin de se positionner au vent de la route quand la dépression va arriver avec du fort vent d'ouest et qu'il faudra faire du prés.
Au coucher du soleil, les feux de Orion sont à peine visibles sur notre arrière. Nous communiquons notre position par VHF et suivons la même route.
Au coucher de soleil, au cours d'une manoeuvre de hissage de grand voile sous moteur, le bateau cule et le fil de pêche s'enroule autour de l'arbre d'hélice. Plus de moteur pour cette nuit.
Au petit matin du 31 octobre, voiles affalées, plongée sous la coque pour couper le fil de nylon qui aurait pu s'introduire dans le presse étoupe au dépend de l'étanchéîté du passe coque...
Pas de requin, ni de baleine dans ces 3000 m de fond et tout ce passe bien; Nous allons pouvoir repartir au moteur, puis sous voiles.
Le lendemain c'est au tour des équipiers de Orion d'arrêter le bateau pour se baigner en Atlantique dans une eau à 21°C au début de l'hiver. Mais, uniquement pour le fun. Je propose à mes équipiers septiques de les rejoindre afin de faire une sorte de piscine entre les 2 bateaux avec des photos souvenirs à l'appui.
Presque chaque jour nous prenons une dorade choriphène à la ligne et le menu du soir est trés souvent à base de recette de poisson frais...
Citons par exemple :
- tranche de dorade cru mariné au soyo
- poisson cuit au citron vert à la tahitienne
- poisson sauté aux oignons avec tomate
- filets de dorade au soyo et câpres
- poisson aux carottes et oignons avec curry et lait de coco
Les eaux atlantiques sont beaucoup plus poissonneuses que celles de Méditerranée.
Le 1 novembre le vent fraîchit et passe à l'Ouest. Nous suivons à tour de rôle un quart de barre attentif afin de faire le plus de prés possible au vent de la route en prévision du fort vent de sud-ouest annoncé par les fichiers grib relevés au départ.
Quand le fort vent arrive, le 2 novembre, nous ne sommes plus trés loin de Graciosa l'île la plus au nord des Canaries. Orion, lui a déjà viré de bord vers l'île de Teneriffe sur babord amure pour son rdv en vue de changer d'équipier.
Sous génois réduit et grand voile on continue au prés toute la journée mais avec un cap un peu trop à l'est malgré le soin apporté à serrer le vent au plus prés. Le 3 novembre nous arrivons en vue des îles Canaries mais à 30 miles sous le vent qui souffle maintenant à 20 noeuds de sud ouest On vire de bord et nous aurons 30 miles de plus à faire (babord amure) pour atteindre la baie d'Arieta à Lanzarote. Les derniers miles nous recevons des rafales à 30 noeuds qui descendent des montagnes.
A 14h, nous mouillons à l'abri de la houle dans la baie d'Arieta pour se reposer une nuit avant de continuer. Les contacts radios avec Bellatrix et Petit Mousse toujours dans la tempête (vent de 35 noeuds et mer trés forte) nous confirment sur le bon choix effectué de passer trés à l'ouest de la route directe....
Aprés étude des différents ports et mouillages de Lanzarote nous décidons d'aller vers Puerto Calero sous génois seul au largue. Les guides nautiques déconseillent les mouillages dans les autres ports de cette côte.
Quelques heures avant d'arriver une communication en espagnol avec la capitainerie de Puerto Calero me réconforte sur la possibilité d'avoir une des dernières places
Vers 16h nous entrons dans une magnifique marina trés stylée. Le soir, vers 20 h , nous allons y déguster une côte de boeuf argentin aux frittes avec un petit vin du chili en terrasse au dessus des voiliers de la marina. Un excellent concert de jazz avec des groupes de bons chanteurs est juste en dessous du restaurant.
Nous serons rejoins vers 22H par les équipages de Bellatrix et de Petit Mousse enfin arrivés au moteur dans ce magnifique port que nous leur avons indiqué par radio.

Nuit calme, dans cette marina à la fin du concert...
Au matin du 5 novembre nous quittons Puerto Calero afin d'aller vers l'île de Fuerteventura au port de Rosario attendre l'arrivée de l'avion de Lucile qui doit rester une semaine avec nous.
La mer s'est calmée et le vent de travers nous permet de naviguer avec toute la toile vers le Sud avec une bonne vitesse.
La forte houle restante de la dépression nous oblige à attendre une zone abritée sous le vent de Fuerteventura afin de préparer et apprécier le déjeuner vers 14h30 : donc nous sommes à l'heure espagnole des repas.
Arrivé vers 16 h au port de pêche de puerto Rosario.
Nous apercevons au quai theoriquement réservé aux professionnels le voilier NAMASTE de notre groupe de traversée.
On s'amarre à quai derrière son bateau.
La police locale vient rapidement nous signifier l'interdiction de s'amarrer à ce quai où doit arriver un remorqueur....
Nous discutons en espagnol et je leur explique notre obligation d'attendre le lendemain pour acheter une batterie de secours. le policier est trés sympa et me propose de m'accompagner avec la voiture de service faire le tour des électriciens et quincailleries encore ouvertes afin d'en acheter une ce samedi soir car le lendemain tout sera fermé. Effectivement la plupart des vendeurs de batteries sont déjà fermées et nous devons aller à l'autre extrémité de la ville pour trouver une grande quincaillererie de zone industrielle encore ouverte. Le policier me laisse à l'entrée en m'expliquant qu'il ne pourra pas revenir me chercher parce qu'il a eu un appel pour intervention...
Aprés choix des batteries de taille identique à celles du voilier j'en achète une. Reste à la déplacer jusqu'au voilier ?;;;
Un client fort sympathique me propose de m'accompagner avec sa voiture. Je lui promet une bière en arrivant au bateau... Tout en discutant durant le parcours retour il me dit être interréssé par la batterie usagée que je vais remplacer... Nous faisons donc un échange en arrivant au bateau et chacun repart content de la transaction....
Parler correctement la langue du pays est indispensable pour se débrouiller dans la pannade...
En attendant l'arrivée de l'avion de Lucile j'informe mes équipiers sur la méthode pour régler le mât par la tension des haubans.
Le lendemain je profite d'un winch grinceur pour le démonter et expliquer aux équipiers la méthode de nettoyage et de lubrification sans graisse pour ne pas coîncer le cliquets à ressort par la graisse sèche.
Nous resterons 3 jours au quai du remorqueur et les autorités maritimes ne viendront pas nous réclamer le prix de l'amarrage.
Nous repartons le 7 nov à 3h du matin pour arriver de jour à Sta Cruz de Teneriffe prochaine escale envisagé sur le parcours de La Palma.
Avec 5 équipiers nous pouvons faire des quarts de 2h 30 pour partager les 12 h de nuit.
Notre nouvelle équipière Lucile fera le quart de lever du jour de 5h à 7H
La première nuit étant plus courte, on ne fera que 1h 30 de quart.
Durant le parcours vers Teneriffe la météo annonce la pétole pour le surlendemain, nous décidons donc de continuer vers La Palma sans nous arrêter. Effectivement au matin du 8 novembre plus un noeud de vent, nous allons devoir terminer les 50 miles restant au moteur.
Vers midi, afin d'alléger le voilier je décide un arrêt baignade et grosse douche obligatoire pour tous.
L'île de La Palma est réputée pour la qualité de l'eau distribuée. Autrefois les grands voiliers y faisaient escale pour se ravitailler en vivres frais et eau douce.
Nous apprécions tous la baignade par 5000 m de fond car la mer est plate et le soleil trés chaud.

Quelques minutes aprés, on remet le moteur en route et on aperçoit un aileron de 2m à la surface de l'eau. Surement un requin de baleine qui nage en surface en filtrant le plancton avec ses branchies.
A quelques minutes prés, nous allions avoir la frousse de notre vie en voyant apparaître ce monstre de plus de 20m partager notre bain.
A la nuit tombée, nous entrons dans le port de Santa Cruz de Teneriffe ou 2 autres voiliers du groupe MEDATLAN sont déja amarrés. Notre amiral prévenu par VHF nous accueille avec la corne de brume et nous désigne une place à quai. sur l'un des pontons de la nouvelle marina prés du centre ville. Nous irons dîner en ville avec une pizza pour cette nouvelle escale de 8 jours.
DE LA PALMA A MINDELO
Changement d'équipiers à l'escale de Santa cruz de La Palma.
Benoit change de bateau, pour embarquer sur Petit Mousse qui naviguait avec difficulté, à 2 personnes seulement, depuis Cadix, notamment à l'arrivée sur Graciosa avec 35 noeuds de vent contraire....
Denis vient nous rejoindre pour effectuer avec J.. et moi la fin de cette transat jusqu'à La Martinique.
Il dormira dans la cabine arrière à la place de Benoit.
Le vent de ouest de force 2 nous pousse toute la nuit à vitesse modéré vers les îles du Cap Vert toute la journée du 13 novembre.
Le lendemain 14 novembre, nous apprenons que notre amiral sur Bellatrix sera retardé à cause d'une rupture de fixation du pilote automatique. Le voilier est détourné vers l'île avec un volcan en éruption située presque sur la route afin de faire souder cette patte cassée. Cela leur prendra une journée.
Sur Ocambo tout n'est pas parfait. La forte mer depuis le passage de la dernière dépression lève des vagues importantes et le peu de vent actuel est incapable de maintenir les voiles bordées. Le regonflement de la voilure, à chaque mouvement de roulis, va nous causer 3 pannes successives durant la même journée.
- Déboitement du tube d'enrouleur à 10H 30
- déchirement de la têtière de spinnaker à 17h 30
- chariot d'extrémité de latte arraché du rail de mât vers 18h
Naviguer de façon écologique à la voile dans une mer forte par vent faible est trés destructeur pour le matériel. Je comprends ceux qui affalent tout et continuent au moteur.....
Au coucher de soleil vers 19H un navire fait route de collision avec nous. Son gisement détecté par l'AIS reste constant durant plus d'une demi-heure.
Nous l'appelons par son nom "DELIA" sur le canal 16 de la VHF. L'officier de quart réagit aussitôt en demandant quelle est la raison de notre appel sur canal de détresse au milieu de l'atlantique.
Aprés explications, il finit par admettre que son navire fait route sur notre voilier, qu'il aperçoit difficilement dans le soleil couchant. Il choisit de changer de route pour passer derrière nous à environ 300 m. Nous rappelons l'officier de quart par VHF afin de le remercier de nous avoir "loupé"
Sans la veille AIS, nous aurions pas pu connaître le nom du navire et l'appeler sur le canal 16 afin de réveiller l'officier de quart.....
Le chariot d'extrémité de latte forcée va encore nous causer des soucis le 16 avec des articulations qui se dévissent puis le chariot casse.
Pour éviter de forcer sur le gréément et de stabiliser le voilier nous prenons l'option de naviguer avec des bords de grand largue avec les deux voiles du même côté. le voilier roule beaucoup moins et la vitesse est meilleure que par plein vent arrière.
Vers 10 h du matin le 17 novembre un nouveau navire fait route de collision avec Ocambo. Son gisement sur les relevés de l'AIS reste constant durant plus de 25 mn. Nous empannons pour changer de route et reprendre un nouveau bord de grand largue qui nous éloigne du navire.
Nous voyons passer un pétrolier de 200 m sur notre route précédente environ à 900 m derrière nous .
L'océan est immense et les probabilités de croiser la route d'un autre navire est assez faible en dehors des détroits et canaux de circulation, pourtant en 2 jours nous avons failli être heurté et coulé par 2 navires dont les officiers de quart ne se souciaient pas des petits voiliers devant leur étrave....
Vers 16h nous prenons contact avec Orion qui se situe à peu prés à la même distance que nous de l'arrivée de Mindelo. Nous préférons préserver le génois enroulé à cause du tube d'enrouleur déboîté depuis 3 jours et laisser ce petit bateau passer devant ...
D'ailleurs juste avant d'arriver un thon vient mordre à notre ligne de traîne. Pour faciliter la pêche nous enroulons le génois, et capturons ainsi un poisson d'une quinzaine de kilo. Aussitôt nettoyé il est accroché par la queue dans le balcon arrière du voilier pour sécher avant d'être découpé et stocké au frais dans le frigo aprés notre arrivée.
Les équipiers de Orion arrivent donc quelques minutes avant nous et ils nous guident par VHF entre les navires au mouillage afin de parvenir jusqu'à la nouvelle marina créée au fond du port.
Nous accueillerons 2h plus tard NAMASTE qui vient s'amarrer à côté de nous.
Le thon est dégusté le lendemain midi, en fondue dans le cockpit de Ocambo avec les équipiers des 2 bateaux arrivés en premier.
Le spinnaker est "mal" réparé par les élèves réparateur de l'école de Mindelo. Je ne leur confie pas la réparation de l'enrouleur parce qu'ils n'ont aucun égard pour le matériel.
En effet, le lendemain je leur demande de placer 6 rivets pops pour remplacer ceux de la fixation de vit de mulet sur le mât. Ils arrivent avec 2h de retard sans les rivets. Nous attendons qu'ils reviennent 1h de plus juste pour nous dire que il est midi temps de pose prévu jusqu'à 15h. Ils interviendront aprés le repos.....
Je déjeune donc avec l'équipage de NAMASTE qui lui aussi attends les élèves pour réparer la soute du puit à chaîne qui fuit dans les cales du bateau.
Lorsqu'ils arrivent à 15H les rivets en alu sont troip petits, ils repartent en acheter de plus gros.... ils ne trouvent pas la taille suffisante et se contentent de placer des rivets trops petits.
Au cours de la réparation je leur prête mes outils et ils utilisent mon tournevis comme ciseau et chasse goupille .....
Sur le bateau voisin "NAMASTE" on attend également les réparateurs afin de ponçer puis de refaire à l'époxy le fond du puit à chaîne qui fuit. Ils attendent 2 jours l'arrivée d'un groupe d'élèves qui arrivent avec une ponçeuse hors service. Connaissant leur façon de travailler j'hésite à préter la ponçeuse MAKETI prêtée par Lucile qui l'a laissée à bord de OCAMBO notamment pour m'en servir afin de poncer la quille rouillée lors du prochain carénage.. François devra aller en ville en acheter une neuve et effectuer le ponçage lui même.
Entre 2 réparations je rejoins les autres croisièristes du groupe qui n'ont pas d'entretien à faire à bord pour la seule sortie que je pourrais effectuer au cours de cette traversée. Eric, un français, ancien de la Marine Nationale s'est installé avec sa famille depuis plusieurs années en République du Cap Vert pour faire de l'importation et vivre au soleil. Il nous invite ce midi pour un repas langoustes grillées dans sa villa des faubourgs de Mindelo. Nous embarquons tous dans un minibus pour suivre la voiture de notre hote qui nous indique le chemin. J'avais acheté en prévision de cette invitation une grosse boîte de galettes de Pont Aven que je leur offre dés mon arrivée. Cet excellent cadeau, souvenir de métropole est accueillie avec plaisir par nos hotes qui me remercient avec beaucoup d'empressement. Nous sommes tous accueilli avec un super punch planteur maison trés bien dosé et trés fruitté. Resservi trés largement, toute l'équipe a vite le sourire au lèvres et la musique aidant certains vont danser pendans la cuisson des langoustes.
Apprenant que j'ai vécu 20 ans dans les îles du Pacifique Sud, Eric me confie son barbecue et les 35 kg de langoustes coupés en deux à griller.
Heureusement les 2 tonneaux de 200l de fuel qui servent de barbecue sont déjà pleins de bois sec et une allumette suffit à lancer un important brasier.
Plus de la moitié des langoustes sont grillées lorsque Eric vient me relayer afin que je puisse manger à mon tour à la table de Hubert. Le vin servi est lui aussi excellent et l'ambiance suit avec la musique d'un orchestre local. Certains croisiéristes dansent beaucoup et terminent dans le jacuzzi tout habillés où notre médecin les surveille en cas de noyade.
Ils devront se sécher au soleil trés intense avant de repartir vers la Marina et les bateaux en fin d'aprés midi.
Durant les 5 jours d'escale le vent ne mollit pas, même la nuit. Il reste trés fort dans ce couloir entre deux îles, et il est impossible de dérouler les 70 m2 du génois afin de réparer le tube d'enrouleur à quai...
.Le dernier jour, quelques heures avant le départ, le vent se calme enfin un peu, et je vais grimper avec une chaise le long de l'étai pour réemmancher les 2 tubes désaccouplés de l'enrouleur. A l'aide de 2 pinces étau et d'un marteau je peux les réemmancher avec le génois à poste. Lequel est légèrement déchiré sur la draille. Un clé pour vis à six pans creux me permet de refixer les vis qui tiendront jusqu'à la Martinique.
A l'arrivée au Marin je trouverais le tube d'enrouleur démanché à nouveau, mais à la fixation juste au dessus. Pourtant cet enrouleur a été remis à neuf avec un tambour et un palier supérieur changés à neuf par le constructeur afin de profiter de la dépose du mât durant un mois à Bandol....
DE MINDELO A LA MARTINIQUE
Départ en fanfare du quai de la Marina de Mindelo au Cap Vert, pour la partie la plus longue de la traversée plus de 2100 miles à naviguer.
Tous les équipiers des voiliers sont sur le quai pour acclamer le nom des bateaux qui partent l'un après l'autre, à l'heure prévue. Seul NAMASTE a quitté le quai en solitaire 3 h plus tôt afin de faire de la pêche à la traîne autour du Cap vert (ïles trés poissonneuse particulièrement de thon rouge)
Petit vent d'Est pour le jour du départ, nous hissons toutes les voiles sauf le génois qui restera partiellement enroulée jusqu'à la Martinique, afin de protéger la ralingue déchirée à la suite du démanchement de l'enrouleur.
Peu à peu, le vent faiblit et nous devons aller plus au sud afin de sortir du cône de déventement de l'île trés montagneuse de san Antao. Nous serons déventé durant 6 h jusqu'à plus de 30 miles au large de San Antao.
Une étude des fichiers grib, enregistrés avant le départ, nous indique une zone de vent favorable au nord de la route directe loxodromique.
Nous restons donc en grand largue vers cette zone qui va par ailleurs raccourcir légèrement la route puisque nous allons suivre l'orthodromie.
La plupart des autres voiliers vont aller chercher du vent au Sud suivant les conseils d'un routeur....
Le lendemain le vent passe au vent arrière ce qui nous amène à tangonner le génois. Manoeuvre, plusieurs fois effectuée déjà avec l'équipage précédent, dont J.. qui est resté à bord.
Il vient donc à l'avant sans son harnais, m'aider à soulever le tangon. Une vague traitresse comme il en arrive une toutes 50 vagues le fait tituber et au lieu de s'accroupir et de s'agripper aux filières, il reste debout, titubant les bras en l'air et se retrouve en quelques secondes les tibias dans les filières avant qui achèvent de le déséquilibrer et il passe par dessus bord.
Aussitôt Daniel lui lance la bouée couronne. J'abandonne immédiatement le tangon qui balance saisit par son extrémité au génois, l'autre extrémité continuant de cogner sur la pont, et je me précipite pour lancer le moteur. La ligne de traîne remontée à la hâte je me dirige sur le point trés visible de notre équipier flottant dans la bouée couronne. Nous lui passons une corde qu'il saisit et monte par l'échelle arrière du voilier, légèrement commotionné mais en vie et à bord. La durée de toute la manip n'a pas dépassé 3 minutes.
La rapidité d'exécution de la manoeuvre retour est primordiale pour ne pas predre de vue le MOB.
Abandonner ce qui est en cours et se précipiter afin de récupérer l'équipier doit être impératif.?
Les jours suivants il n'oublira pas son harnais pour manoeuvrer.
Surtout que le milieu de la traversée est soumis à de forts vents d'alizés de plus de 35 noeuds.
Au vent arrière avec un ris et la moitié du génois tangonné OCAMBO file à plus de 8,5 noeuds
Nous allons avancer de plus de 3° par jour soit 180 miles en 24 h durant les 4 jours de vent fort.
Les annonces de position faites sur le site et par couriel nous positionnent en 3ème place derrière NAMASTE qui est parti 3 h avant nous et derrière ORION qui navigue trés vite depuis le début de cette transat...
Félicitations à l'équipage d'Orion pour le parcours effectué à si grande vitesse avec le plus petit bateau du groupe.
Nous attrapons régulièrement du poisson surtout des dorades choriphènes qui sont dégustées à toutes les sauces décrites au chapitre précédent.
Une lassitude de manger des fruits de mer apparait les derniers jours.
Le dernier ragoût de poisson ne sera pas terminé et jeté partiellement à la mer. Nous ne mettons plus les lignes à l'eau et nous mangerons des boîtes de conserves pour terminer le voyage.
Trois jours avant l'arrivée à La Martinique, le vent se calme, nous devons renvoyer toute la voile et dérouler presque tout le génois dont les tubes de l'entrouleur se sont à nouveau démanchés en dessous de la réparation effectuée à Mindelo.
Notre position la plus au Nord du groupe va nous permettre de toucher une queue de dépression avec du vent de SE qui nous propulse au prés serré à plus de 6,5 noeuds vers La martinique.
Tous les autres voiliers sont dans la pétole et ont déjà démarré leur moteur principal afin de faire route vers l'arrivée à petite vitesse.
Nous atteindrons Le Marin de nuit au matin du 12 décembre avec plus de 6 h d'avance sur le second voilier et quelques jours sur les autres voiliers du groupe. Le choix de la route orthodromique, au nord, aura été payante puisque plus courte et située sur une zone plus ventée que les routes par le sud telle que la loxodromique.
Nous amarrons Ocambo à la station service afin d'attendre l'ouverture de la Marina et demander une place à quai.
Mes équipiers sont trés heureux d'être arrivés les premiers et ils m'aident spontanément à nettoyer l'intérieur du voilier pour patienter avant l'ouverture de la pompe et faire du fuel avant d'aller s'amarrer à quai.